Logements collectifs 570 logements étudiants
projet expose au pavillon de l’arsenal et publie dans le catalogue 
commissaire de l’exposition : eric lapierre architecte


Maitre de l’ouvrage : Bouygues immobilier | Situation : Cergy-Préfecture – avenue des Trois Fontaines (95) | SHON : 14000 m2
Phase : concours | Mission : conception avec suivi architectural | Coût : 22 880 000 € HTDate : 2013

Présentation :

Implantation urbaine

Le projet prend place sur un site  ample, large, long, végétal, urbain, contrasté à l’entrée de Cergy. Le « talus » accueille les visiteurs automobilistes qui sortent de l’autoroute et les étudiants qui viennent à pied des facultés voisines. 
L’objectif est d’habiter ce grand lieu urbain avec un assemblage d’éléments architecturaux de petites dimensions, les chambres d’étudiants.

Logements

Les espaces se déclinent en quatre typologies principales :
– « la déhanchée », pour les façades nord-ouest ;
– « la translatée », pour les façades sud-est ;
– « l’imbriquée », pour la double orientation est-ouest ;
– « la partagée », pour se positionner librement selon les événements urbains.

L’assemblage de ces lieux de vie  fabrique des corps de bâtiments singuliers, qui viennent mettre en valeur les éléments du paysage tout en constituant pour chaque résidence une identité propre autour d’un patio. La résidence privée (lot A) se positionne pour entrer en résonance avec la future entrée des Trois-Fontaines ; la résidence sociale (lot B) dévoile une séquence d’ouverture sur le cœur d’îlot tout en accompagnant la deuxième entrée du centre commercial ; la résidence pour jeunes actifs (lot C) répond à la mise en valeur de la séquence amorcée par le bâtiment précédant tout en s’adressant au paysage du lointain.
Le patio, ouvert vers le nord-est, ponctue l’horizon d’un volume singulier visible depuis l’autoroute.

Les trois édifices sont reliés par un socle, volontairement souligné par une couleur foncée foncé. L’enjeu du projet est d’établir un rapport singulier entre le sol bas du parvis et le sol haut des patios. Un travail de « loges » urbaines a été réalisé pour relier visuellement et physiquement les différents niveaux. Une faille continue court le long des bâtiments sur rue pour mettre en lumière le mur du parking. L’obstacle visuel devient paroi lumineuse linéaire, trait d’union unifiant entre les rez-de-chaussée.
La réflexion sur les typologies est au cœur du projet : comment transformer les contraintes de l’accessibilité en qualités spatiales ? Comment trouver une forme qui fabrique un lieu de vie dans lequel on éprouve du plaisir à être, à travailler, à dormir ?
L’objectif est d’offrir à chaque étudiant une large perception du monde, en proposant des fenêtres

Le projet propose différentes possibilités d’habitat en commun. La typologie « imbriquée » se décline en modules de colocations à deux (deux amis d’enfance qui viennent faire leurs études à Cergy, deux cousins, deux frère et sœur) ou en couple ( sur une trame et demie).

La typologie « partagée » propose une grande modularité à la fois architecturale et d’usage. Elle s’inscrit dans un carré d’environ 12 x 12 mètres et propose :
– soit trois modules de deux chambres côte à côte qui ont chacune leur placard, leur bureau et leur lavabo, mais partagent une salle de bains (douche + WC) ;
– soit deux studios et un T3 (le T3 permettrait d’accueillir des couples avec un ou deux enfants) ;
– soit quatre studios. 
Cette modularité permet d’adapter le programme sans changer l’enveloppe.
Dans le cas des six chambres en colocation, on peut imaginer une colocation intergénérationnelle en duo, où un jeune étudiant et une personne âgée cohabiteraient en se rendant des services l’un à l’autre.
Mutualiser les chambres permet aussi d’offrir un espace de vie assez généreux (35 mètres carrés environ), qui facilite le partage et l’échange.

Espaces communs

Le confort d’usage a aussi été pensé dans les circulations : la qualité d’un immeuble collectif se juge à la manière qu’on a de se le représenter.  
Les fenêtres des couloirs proposent des cadrages sur l‘extérieur qui permettent de  se situer et de s’approprier les lieux.
Plusieurs types d’espaces communs sont répartis dans l’ensemble du projet. Le rez-de-chaussée, par son statut urbain et sa situation adossée au mur de parking, ne pouvait pas offrir autre chose que des espaces collectifs. Ceux-ci sont pensés comme une prolongation de la ville, un lieu ouvert sur la rue où l’interaction entre le dehors et le dedans est forte. Des pianos seront à la disposition des musiciens pour les répétitions, les concerts, le travail quotidien de l’instrument. 
La contrainte du mur de parking a été utilisée pour travailler la notion de seuil. Chaque résidence propose des « loges urbaines », espaces en double hauteur dans lesquels la ville entre généreusement. Les boîtes aux lettres et les locaux pour les vélos  occupent les rez de chaussé dans leurs longueurs, proposant des lieux couverts mais à l’air libre, qui invitent à une progression douce de l’univers public de la rue vers l’univers privé du logement.
D’autres espaces collectifs en double hauteur sont répartis dans les étages à l’intersection des bâtiments (point de rencontre des circulations). Cette position stratégique en angle crée des liens visuels à la fois horizontaux et verticaux. 
L’assemblage des volumes des différentes résidences génère des patios qui entretiennent des rapports singuliers avec la ville, l’intériorité,  les orientations solaires. Ces espaces extérieurs se veulent porteurs d’une identité forte. Les jardins partagés sont reliés au niveau rez-de-jardin par un cheminement qui permet de traverser l’îlot d’un bout à l’autre.

Matérialité

La structure est en béton isolant type thermédia. Ce matériau conforme à la RT 2012 permet :d’isoler le bâtiment par l’intérieur et donc d’échapper aux contraintes de sécurité incendie (distance entre les fenêtres d’un étage à l’autre) C+D ainsi qu’aux problématiques de dilatation des différents revêtements de façades. La technique du béton, très bien maîtrisée par les entreprises, garantit une fiabilité dans le respect des délais et des coûts de construction.
Pour les intérieurs des loggias en biais,  il sera possible (le nous n’est pas utilisé ailleurs) de mettre en œuvre des éléments rapportés en ossature bois, qui évitent les banchages systématiques.

Les revêtements des façades sont volontairement simples, de façon à offrir un cadre solide et pérenne : 
– plaquettes sombres (gris foncé et noir) à joints verticaux pour le soubassement et autres éléments singuliers à souligner ; 
– jeu entre différents enduits pour le reste des façades ;
– serrurerie en fers plats pour les gardes corps. Pour animer les volumes des appartements en colocation et des façades de coursives, la serrurerie est posée à l’anglaise et, ponctuellement, de manière filante entre les nez de balcons pour fabriquer des espaces extérieurs plus protégés ; 
– menuiseries en PVC.
Un effort particulier est porté sur les modes d’occultation des logements mono-orientés  : il s’agit de fermer l’ensemble de la loggia (et non chaque fenêtre individuellement) soit par un store en PVC, soit par un jeu de volets métalliques fixés sur des rails positionnés sur des nez de dalle en béton. La résidence privée fonctionne avec des volets, la résidence sociale et la résidence pour jeunes actifs avec des stores. Ces différentes possibilités d’occultation apportent  aux façades une certaine variété.
La typologie déhanchée de la résidence sociale propose une liseuse en plus de la baie vitrée de la loggia, petite fenêtre avec volet intérieur qui ménage une lumière douce pour accompagner lecture et je préfère le et quand on lit on rêve déjà un peu  ou rêverie.

Equipe de rendu :

Guillaume Beaumont 
Meng Dalong 
Alick Tsay 
dernière ligne droite : Graciela Torre

Perspectives :

Anawa, Antoine de Fraiteur


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